ET MAINTENANT ?

Emmanuel Macron doit-il avoir tous les pouvoirs ?

Emmanuel Macron a été élu président de la République le 7 mai dernier. Je lui ai apporté mon soutien au second tour, dans la mesure où il était opposé au Front National et que la priorité devait être non seulement de faire battre Le Pen mais aussi de l’affaiblir en exprimant un refus très net.

C’est tout l’enjeu des législatives des 11 et 18 juin prochains. Si les Français donnent à Emmanuel Macron une la majorité à l’Assemblée, il gouvernera et appliquera son programme. La nomination d’Édouard Philippe à Matignon, de Bruno Le Maire à Bercy et de Gérald Darmanin au budget, tous issus de l’ex-UMP, donnent une idée précise de la direction dans laquelle le Président de la République souhaite aller.

Si les Français choisissent d’autres députés de gauche, M. Macron devra en tenir compte. C’est très important d’envoyer le plus grand nombre de députés à gauche à l’Assemblée nationale.

Les députés élus en juin auront très vite deux décisions à prendre : voter la confiance au gouvernement d’Édouard Philippe et autoriser le gouvernement à légiférer par ordonnances en matière de droit du travail pour faire une loi travail 2. Je suis très clair: je ne voterai ni l’un ni l’autre.

L’Union européenne doit-elle décider de tout ?

Le programme d’Emmanuel Macron est connu, il a joué franc jeu. Dans le respect des contraintes européennes, M.Macron entend mener les réformes libérales dont la loi Macron (que je n’ai pas voté en 2014) était l’esquisse. Même si on peut saluer une ambition économique certaine pour la France, qu’une partie de la gauche a depuis longtemps oubliée, le cœur du programme du Président n’est pas acceptable et je m’y opposerai parce qu’il consiste à affaiblir les protections collectives des salariés.

En matière européenne, je m’opposerai à tout saut en avant fédéral qui réduirait encore plus la souveraineté budgétaire de la France. Il faut construire une autre Europe, celle des peuples et du progrès économiques et social. La zone euro doit être profondément réformée et prendre un virage euro-réaliste qui permette les ajustements économiques autrement que par la casse sociale et la baisse des salaires comme le défend la Commission européenne aujourd’hui.

Des accords possibles ?

Sur les questions régaliennes, des accords sont peut-être possibles. Un exemple : la proposition de constituer une police de proximité va dans le bon sens. Sa volonté de tirer les conséquences de l’Affaire Fillon en portant une grande loi de moralisation de la vie politique est intéressante. En matière institutionnelle, je partage l’idée de rénover la 5e République mais toutes les idées dans l’air du temps ne sont pas des bonnes idées. La réduction du nombre de députés me semble une très mauvaise idée qui va éloigner un peu plus les députés des citoyens. Il y a une crise de confiance mais il ne faut pas se tromper ni diagnostic ni de solution. Pour ma part, je défends le recours plus fréquent au référendum pour mettre les citoyens au cœur de la démocratie.